Les 24 heures de Champigneulles - 11 et 12 juin 2016



Epreuve de course à pied sur 24 heures
comptant pour le championnat du monde de distance
dans le parc du château de Champigneulles près de Nancy.


Les 24 heures de Champigneulles :

Je me donnais un objectif sur 24 heures en 2017, eh oui pour mes 60 ans! Lorsque je me suis penchée sur la logistique, transports, guides, cela m'a semblé un vrai sac de nœud, mais rien n’est impossible. Et voilà que j'apprends que la première édition de Champigneulles est organisée pour cette année et de plus, je suis invitée à participer. C'est vite réfléchi...je suis en forme, je peux avoir des guides au club et ce n'est pas très loin, c'est top, je fonce.

Je me donne des objectifs de course: le marathon de Paris, celui de Poitiers, les 100km de Vendée, cela servira d'entraînement et entre temps, je pédale des heures, des longues distances qui vont donner l'habitude à mon corps à être en travail. Je suis confiante, je sais aussi que je supporte la souffrance et sauf incident, tout doit bien se passer...

Le jour J arrive et déjà sur la route, le ciel fait grise mine. Nous posons nos bagages, on prend des repères, on est euphorique. Voilà le départ, à 11 heures, 300 coureurs, mais malheureusement la pluie nous salue. Elle sera tenace, par moment se déversera telles des trombes, des ruisseaux se forment...Avec mon guide j'avance, pas de question, c'est pour tout le monde la même chose. Les 4 heures qui suivront seront identiques, de l'eau, de l'eau...Les tours de 1,256 km dans ce merveilleux parc du château défilent, je change de guide, je suis sur le terrain où le moindre creux est rempli d'eau, que dis-je de boue et de sable, un champ de bataille, mais j'y suis pour 24 heures. Mes guides plaisantent, sont solidaires, motivants, je n'ai aucun souci à me faire que de me laisser emmener et d'avancer. Vers 16 heures la pluie cesse, les chemins vont sécher et la nuit tombe, je continue.

Je ralentis, oui, la pluie a laissée des traces, mes muscles grimacent. Les quelques descentes, quelques cailloux me font mal aux pieds. Je change de chaussures, de chaussettes plusieurs fois, j'avance toujours. Je suis à la moitié et à ce moment j'aime bien savoir où j'en suis... 100 km, alors on peut en faire un peu moins sur la seconde partie. Mais les conditions ont modifiées beaucoup de choses, je n'ai peut être pas assez bu, j'ai une ampoule qui pique, je ne sais plus quoi manger, c'est dur... Malgré tout je continue, mon groupe est là, Lui y croit, Lui m'encourage, Lui me fait confiance et Lui m'emmène.

Je marche, je ne peux plus courir j'ai trop mal. Chose extraordinaire je ne pense pas un seul instant à abandonner, ce n'est même pas possible...mes guides m'entourent tellement bien qu'ils me font oublier toutes questions. Ils m'accompagnent, ils chantent "on n’est pas fatigué", ils me mènent juste à l'allure qui fera la Gagne. Voilà la dernière heure; c'est bon, si je tiens ce rythme, ça va le faire! Le prochain tour sera la victoire: je passe la ligne et là...mes guides me font la haie d'honneur, les autres coureurs aussi, ils applaudissent, un vacarme terrible, je suis très émue. J'ai une pensée, pour ma cousine Claudine gravement malade, et je me dis qu'il ne faut pas rester sur une petite victoire, il faut aller au bout et je ferai encore 2 tours, ouf! 172,840 km, c'est fini, ce sont les larmes, la fatigue mais encore ces pensées pour toute ma famille. Quel soulagement, j'ai réussi! Oui j'ai mal aux muscles, aux pieds, des brûlures sous les bras, mais j'ai réussi.

Deux jours après, voilà déjà que je refais la course : et si le soleil avait été là, je les aurais fait ces 7 km qui manquaient pour atteindre les 180. Et les "et si, et si, et si, ", les SI fusent mais on ne change plus rien. Pour une prochaine tentative, il faudra revoir certaines choses.

Je détiens le record mondial handisport de distance en 24 heures ( voir sur ehandicapworldrecords.org). En tous cas, je suis émerveillée de ce travail d'équipe. Quelle solidarité, quelle osmose, quelle générosité et gentillesse, ça existe, je vous assure, je l'ai vécu! Formidable et merci à toutes et tous.

Odile.


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Début de course.

Début de course dans la boue.

Vers 100 km.

Marche rapide.

Carburant local.

Reprise de rythme.

15 heures et des douleurs.

Victoire méritée.

Dernière heure.

Une affaire d'équipe.

Célébration.

L'équipe au complet.




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