Marathon de Paris - 3 avril 2016

                Les 50000 coureurs qui se sont élancés dimanche dernier sur les Champs Elysées sur le parcours du Marathon de Paris ont tous été un jour des gamins, sans aucune exception, comme vous, comme moi.

               Dans leur enfance, les gamins aiment les rêves, les défis, les petites désobéissances aux règles de la raison, les taquineries aux lignes de la sagesse. Par exemple, quand ils se trouvent dans un verger, ils aiment tendre la main pour saisir une pomme au bout d’une branche et la manger sans plus attendre. Mais rapidement l’objet de convoitise se porte sur la belle pomme située en haut de l’arbre, celle qui attire car elle est haut perchée, celle qui doit forcément avoir un goût particulier car elle est hors d’atteinte. 

               Alors dans leur tête s’installe un plan pour aller la cueillir, trouver les branches sur lesquelles s’appuyer, estimer la distance depuis le tronc de l’arbre pour tendre le bras jusqu’à l’objet du désir. Et ce désir un jour les pousse à braver la peur, à se lancer dans l’aventure, à remplacer les réticences inconscientes par le choix d’aller au bout et atteindre la pomme d’en haut. Le gamin devient sourd à la petite voix familière qui lui crie « Descend de l’arbre tout de suite, tu vas tomber et te faire mal, et ensuite tu seras … ». 

              Son choix est fait, peu importe si ses pieds dérapent, si ses mains s’écorchent, si sa tête se heurte au tronc, si son corps se tord entre les branches, si son souffle s’accélère, le gamin ne pense plus qu’à atteindre le fruit de sa passion qui l’a totalement envahi. Il mettra le temps nécessaire pour aller décrocher cette médaille, mais il ne cédera pas à la tentation de renoncer. Dans un dernier sursaut en haut de l’arbre, dans une posture écartelée, le gamin saisit du bout des doigts l’objet de son rêve. Il a gagné sa pomme de marathonien et peut mordre dans sa récompense unique.

            Bien sûr, la chair de ce fruit unique est nourrie de la même sève que celle de toutes les autres pommes, mais celle-ci a mûri sans doute plus près du soleil, sous l’espace du ciel, dans la liberté du vent. Elle a la saveur du rêve et le gamin est seul sur terre pour la croquer.

            Dimanche dernier, beaucoup de gamins ont partagé de plaisir de cueillir les pommes du marathon : en particulier, il y avait Philippe, Annick, Hassan, Tony, Odile, Gérard, Paulo, Miguel, Hervé, Fred, Philippe… tous fiers de leur cueillette, le dos en miette, les jambes lourdes, le cœur en fête, dans la complicité de leur forfait. 

          Ami lecteur, l’empreinte de notre enfance nous marque pour notre vie : vous l’avez remarqué, à l’arrivée du marathon, tous les coureurs lèvent les bras en franchissant la ligne comme ils le faisaient en haut de l’arbre pour cueillir la pomme de la victoire ! 

          Maintenant, à toi de choisir la pomme qui te rendra heureux de toi-même.

Ce reportage allégorique vous était offert par Jean.

(Cliquer sur les photos pour agrandir)

Dernière collation avant le départ
Dernière collation avant le départ
Les jaunes au départ
Les jaunes au départ.
Dernière consigne avant le départ.
Dernière consigne avant le départ.
Dans le remugle du départ.
Dans le remugle du départ.
Premières foulées Tony et Hassan.
Premières foulées Tony et Hassan.
Le virage des Champs Elysées
Le virage des Champs Elysées
Dans le bois de Vincennes.
Dans le bois de Vincennes.
Tony au 32 ième kilomètre.
Tony au 32 ième kilomètre.
Après l'arrivée, Annick, Philippe Jean
Après l'arrivée, Annick, Philippe Jean

Deux nouvelles médailles.
Deux nouvelles médailles.
Antoine au travail après l'arrivée.
Antoine au travail après l'arrivée.